Peter Fend: Ocean Earth ou l’Earth Engeneering


©Hardcore, Palais de Tokyo, 2003 (page Ocean Earth)

Dans Fresh Theorie III, Manifestations (Léo Sheer, 2007), Adina Popescu propose des Notes sur un projet «L’espace intérieur du monde» démarré au Swiss Institute à New York au printemps 2008, pp. 151-168. Cartographie et images satellitaires engendreraient cet espace intérieur du monde, révélé tant par Benjamin, Koolhas, les Land artistes, et activé par des artistes activistes avant l’heure comme Ocean Earth (Peter Fend):

« Les descriptions d’innovations architecturales, telles que les Passages parisiens vers 1900 qui symbolisaient pour Walter Benjamin l’espace intérieur de la bourgeoisie, l’intérieur bourgeois se renversant lui-même en tant qu’intérieur placé à l’extérieur dans les vitrines de ces Passages, sont aujourd’hui dépassées par un espace holistique qui se forme progressivement par le biais des satellites planétaires, des réseaux de communication et de la circulation sans fin des mêmes images : un espace intérieur absolu. On peut supposer que les nouvelles technologies de la communication comme les Call Centers de Bengalore, susciteront des transformations plus grandes que celles provoquées par le colonialisme britannique.»

Dans New York Delire, Rem Koolhas décrit dans « quelle mesure le modèle du gratte-ciel, du bloc, est la démocratisation de la surveillance divine et met en évidence la supériorité de constructions intellectuelles sur la réalité. [...] [En passant de la ville à la nature globale], il est alors facile d’établir un parallèle avec le Land Art de même qu’avec la signification symbolique de Google Earth. [...] [Mais], avec la démocratisation de l’image satellite, [si chacun peut embrasser sa ville, le monde], l’objectif est de susciter une responsabilité et une implication collectives.»

Peter Fend fonde en 1980, avec entre autres Walter de Maria et Jenny Holzer, Ocean Earth Construction and Development Corporation, « dans le but de renforcer l’influence de l’art ainsi que de redéfinir l’architecture, conçue dans un sens global, comme rapport à notre environnement, y compris l’eau, l’air et la terre.» Il tente d’exploiter le potentiel du Land Art en termes notamment de «possibilités de produire des énergies renouvelables.»

Ce qui donne lieu à ce qu’on peut qualifier d’Earth Engeneering  : « Ocean Earth a observé que depuis 1972, les Irakiens ont construit des canaux de chaque côté du Chatt et Arab dans le Golfe Persique, avec pour conséquence que le Tigre et l’Euphrate peuvent être complètement séparés l’un de l’autre pour, en aval, suivre leur cours comme deux fleuves indépendants. Ocean Earth salue cette démarche qu’ils justifient par une augmentation de la fertilité dans la région. La Mésopotamie, ce pays qui fut appelé de tout temps le berceau de la civilisation et où se rejoignaient le Tigre et l’Euphrate, n’existera plus sous cette forme. On a construit tant de canaux et détourné tant de cours d’eau que l’un des fleuves traverse maintenant le Koweit et l’autre l’Iran. Le concept ici à l’œuvre ne se contente pas de modifier le paysage, mais redessine l’histoire de l’humanité.»

En 2008, Peter Fend participe au projet d’exposition  Moving Toward a Balanced Earth, Kick the Carbon Habit, 2008-2010. Exhibition Proposal Art for the Environment Initiative Te Papa Tongarewa Museum, Wellington, New Zealand; World City Expo, 2009, Incheon, Korea; Bogata, Colombia. Presented by the Natural World Museum in partnership with The United Nations Environment Programme.
Liste des artistes incluant Superflex, Isa Genzken, Bill Viola….
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