Boarderline

(English at top, français en bas)

Dérive

Trying to understand a new city, I like to start at the train tracks, a river, or a canal.  Under-developed zones, industry or poverty, away from architectural city planning, a place where deeper layers of the development and history are visible.

We start at the retro-modernist space ship of Stalingrad.  Residents oblivious to this architectural masterpiece they inhabit dream of a more colorful sceneography.  The white tiles have dulled and the streets are grey yet lively.  A group moves forward at an even pace.  Out of step, one runs in circles.  Backwards.  At the canal we are instructed to look at the disaffected customs check point.  The boarder zone of the disadvantaged and the fashionable faux poverty of the bohème bourgeois: a bio-coop, a dimly lit aesthetically calculated cafe, and a shop to rent bicycles.  Behind this façade, Hasidic and Arabic youth clash.

The battle zone continues; on one side, a brunt out residence, opposite a Euro trash discotheque.  And just beyond, the architect’s dream: the candy land venire with a bitter twist also known as The Parc of the Villette.  The fake conviviality of living room chairs cemented into the ground illustrate the designers suppressed intentions.  The plastic merry go-round surface cannot muffle the screaming metal mechanics below.  A row of bright search lights suggesting a military zone leads to a fence and behind the back door of the Zenith.  From inside the concert hall, I hear Amanda singing to an absent metropolis.  Continuing along the periphery, we are witness to the BoBo/ Yuppie invasion: a 19th century industrial mill transforming into  luxury apartments.

Leaving the water’s edge, down a broken baroque graceful curving staircase, we turn our backs to the City of Lights.  Outside, a forgotten modernity.  Dirty shops with unfashionable goods behind greasy window pains.  The neon lights turn to grey.  Black soot glued into cracks and corners.  But the air is clear, and the landscape less polluted.

Dérive

Pour essayer de comprendre une nouvelle ville, je commencerai par une voie ferrée, une rivière ou un canal. Les zones sous-développées, l’industrie ou la pauvreté, loin de l’architecture urbaniste (urban planning), un lieu où les couches les plus profondes du développement et de l’histoire sont visibles.

Nous commençons au rétro-moderne cosmodrome de Stalingrad. Résidents inconscient de ce chef-d’œuvre architectural, ils rêvent d’un scénographie plus coloré. Les tuiles blanches ont perdu leur lustre et les rues sont grises mais vivantes. Un groupe se déplace vers l’avant d’un même rythme. Désaccordé, on court en rond, ou à reculons… Au canal, nous sommes chargés de regarder le mécontent point de contrôle douanier. On aborde la frontière entre la zone défavorisés et la fausse pauvreté des bourgeois bohèmes: un bio-coop, un café faiblement éclairé mais esthétiquement calculé, et une boutique à louer des bicyclettes. Derrière cette façade, les jeunes hassidiques et arabes se bagarrent.

La zone de combat continue, d’un côté, une résidence brûlée, en face d’une discothèque euro-trash. Et juste au-delà, le rêve de l’architecte: le « candy land » au faux vernis au goût amer, connu sous le nom de Parc de la Villette. La fausse convivialité est représentée par des chaises de salon cimentées dans la terre. La surface plastique du carrousel ne peut pas étouffer les cris du métal mécanique au-dessous. Une rangée de lumières brillantes suggérant une zone militaire conduit à une clôture et à la porte arrière du Zénith. De l’intérieur de la salle de concert, j’entends Amanda qui chante pour une métropole absente. Plus loin,  le long du canal, nous sommes témoins de la BoBo / Yuppie invasion: une usine industrielle du 19e siècle transformée en appartements de luxe.

Quittant le bord de l’eau, on descend un escalier baroque, courbe et cassé, on tourne le dos à  la Ville des Lumières. A l’extérieur, un modernité oubliée. Les  boutiques sales avec des produits démodés derrière des vitrines grasse. Les néons tournent au gris. Noir de suie collé dans les fissures et les coins. Mais l’atmosphère est claire, et le paysage moins pollué.

Nicolas Vargelis