5e projet LMA. 18 février 2009. Dériver.

au CENTQUATRE. La conférence sur la dérive psychogéographique de Vanessa Theodoropoulou commencera à 15h 30 au CENTQUATRE (104 rue d’Aubervilliers / 5 rue Curial 75019).
Nous partirons pour une dérive SILENCIEUSE en direction d’Aubervilliers ; nous croiserons le canal Saint-Denis en passant par des espaces labyrinthiques jusqu’aux Laboratoires d’Aubervilliers.
Pendant cette dérive nous glisserons à l’écoute des paysages traversés.
Le parcours se clot par une séance d’écriture où chacun pourra transcrire les expériences et idées qu’il a pu vivre pendant sa traversée.
A l’issue de cette promenade, les textes seront publiés en relation avec le dessin du parcours enregistré avec un appareil GPS.

Dériver, pour une expérience d’écriture. Mercredi 18 février, à partir de 15h 30
La dérive situationniste est décrite par Guy Debord comme vague et plaisanteDériver provoque dans l’esprit du lecteur tout à la fois une idée, une sensation, un mouvement et prête à de nombreuses interprétations. Aujourd’hui, interprétations et projections sur ce terme ont permis à de nombreux artistes et penseurs de se reconnaître dans les écrits des situationnistes et de s’identifier à la figure du psychogéographe. Chacun s’est pensé potentiellement psychogéographe, ne serait-ce qu’en imagination, tendant à diluer et à rendre vague les mots de dérive et de psychogéographie.
D’autre part, la dérive est plus une pratique solitaire ou fusionnelle que collective (elle se pratique entre amis et à moins de dix). Pour qu’il y ait dérive il faudrait aller le plus loin possible dans l’idée de perte de soi, prendre le temps d’une journée entière, ivre du territoire traversé; car l’ivresse se prolonge dans l’ivresse du mouvement, dans l’agréable sensation d’un territoire dont les contours perdent leur définition jusqu’à se fondre entre eux. Les rues peuvent sembler soudainement déplacées et nous faire perdre le sens de l’orientation. A l’image de population vivant dans des territoires si limités que l’ivresse est le seul moyen d’étendre le paysage, d’en pousser les limites et de ressentir cette impression jouissive d’infini (sensation de chuter, et de lutter contre l’apesanteur). Les univers-îles sont comme des plaques tournantes. Les quartiers sont mobiles. Les arrondissements changeraient de place et d’axe, présentant un mouvement permanent et régulier, faisant tourner les rues comme on ferait bouger des verres dans une séance de prestigitation.

Gwenola Wagon