Les vides urbains

Mobilisables: 26 novembre 2008. Cartographies relationnelles

Stalker
Stalker

« Si, en effet, aux parcs et aux grands vides urbains, nous ajoutons tous les terrains vagues, les marges abandonnées infestées de ronces, on peut observer comment le vide ne cesse de se ramifier à différentes échelles. Ce phénomène est clairement observable dans les aires marginales et les zones périphériques pas encore structurées définitivement mais en continuelle transformation qui représentent la ville contemporaine.» Manifesto de Stalker

«Pendant un an, j’ai entrepris d’explorer la cinquantaine de zones blanches figurant sur la carte n° 2314 OT de l’Institut géographique national, qui couvre Paris et sa banlieue.» Phillipe Vasset

Au cours de son intervention, l’écrivain Philippe Vasset nous a présenté le projet Un site blanc, créé pour accompagner son Livre blanc (Fayard, 2007) dans lequel il décrit les expériences vécues dans les zones blanches, vides de tout signe, trouvées sur la carte de Paris. Les zones blanches m’ont rappelé le concept des «territoires actuels» du groupe d’architectes romains Stalker. Le groupe a mené une action à Rome sur un parcours circulaire de soixante kilomètres accompli à pied pendant cinq jours. La route de Stalker est partie d’une gare désaffectée et ensuite s’est poursuivie à travers les champs, les fleuves, les voies protégées, dans un espace au-delà de la périphérie des années 50. Ils ont traversé à pied ce qu’ils appellent les  Territoires Actuels: «le négatif de la ville fabriquée, les aires interstitielles et marginales, les espaces abandonnés ou en voie de transformation. Ce sont les lieux de la mémoire réprimée et du devenir inconscient des systèmes urbains, la face obscure de la ville, les espaces du conflit et de la contamination entre organique et inorganique, entre nature et artifice. Ici, la métabolisation des rebuts de l’homme par la nature produit un nouvel horizon de territoires non explorés, mutants et, de fait, vierges». La traversée à pied est, pour eux, le seul moyen d’exister sans médiations et pour participer des dynamiques de ces espaces. Il s’agit d’une espèce de recherche nomade liée à la connaissance par la traversée, la marche, sans vouloir rigidifier ou définir l’objet de la recherche pour que cela n’empêche pas ses évolutions.
http://digilander.libero.it/stalkerlab/tarkowsky/manifesto/manifestFR.htm


Sabrina Moura de Araújo (249194)