INHOTIM – Dialogue entre l’art et la nature

Inhotim est un institut culturel qui abrite la plus grande collection privée d’art contemporain de toute l’Amérique Latine. Il est localisé à quelques kilomètres de Belo Horizonte, au sud-est du Brésil. Il s’agit d’un immense parc naturel (photo 1) avec des nombreuses espèces cultivées et protégées. Une partie importante du paysagisme a été créée en collaboration avec Roberto Burle Marx (1909 – 1994). Les artistes sont exposés dans des pavillons individuels (photo 2) ou collectifs conçus par des architectes différents, mais aussi ses œuvres sont intégrées aux jardins.

J’ai y été au Inhotim en décembre dernier et je peux dire qui l’expérience est unique. Rien que pour le contexte, car il se situe  véritablement au milieu de rien. C’est-à-dire, c’est à une heure de la capitale, dans une ville où normalement ne se passe rien. Alors tout d’un coup, on arrive dans un endroit spectaculaire dédié à la fois à la nature et à l’art contemporaine. C’est stupéfiant ! Je raconterais les deux expériences les plus marquants. Premièrement, celle de Janet Cardiff et George Bures Miller (photo 3). Pour arriver à son pavillon, on marche ou on prendre un véhicule qu’y nous amène. Le chemin est une expérience très agréable et sensorielle, au milieu d’un foret, les verts splendides, le parfum des feuilles. Puis l’expérience auditive magnifique de l’œuvre The Murder of Crows, installation auditive inspirée du Le rêve de la raison engendre des monstres, de Goya. On ferme les yeux et l’on écoute, c’est effectivement comme un rêve, un mélange des sensations. En sortant on retrouve une espèce de balcon (photo 4) avec des belles tables et chaises très confortables, où l’on peut s’asseoir, regarder encore le vert et prolonger les sentiments incités par l’expérience. Deuxièmement, le pavillon d’Hélio Oiticica, où se trouvent 5 Cosmococas, m’a beaucoup marqué. Les Cosmococas sont des installations constituées des diaporamas et des bandes sonores, chacune avec ses caractéristiques mais avec une proposition commune d’engendrer des actions et interactions sensorielles. D’une apparence un peu froide (photo 5), l’intérieur du pavillon est une fête. On passe d’une salle à l’autre et on est envahi pour l’atmosphère expérimental des œuvres (photo 6). Il faut absolument les éprouver et il n’y a pas un comment faire, il faut se laisser aller. Il y a même une piscine (photo 7) à disposition, avec de la musique et des projections particulières des Cosmococas. Ce n’est pas la peine d’y aller que pour regarder.

En sortant de ce pavillon, on est à nouveau ou parque, en plaine nature.  L’expérience était si intense que je me sentis un peu perdue. Car on sort d’une sorte de rêve psychodelique, et l’on se dépare avec une ambiance plutôt sereine. C’est fort et très différent. Finalement on est vraiment dans un dialogue fréquent et direct avec la nature et l’art. C’est très curieux, je pense qu’il faut plusieurs visites pour se rendre compte vraiment de ce qui représente et de ce qui apporte ce mélange.