-- La figure dans le paysage (Paris 8) » Mapping the city

Une artiste dans la ville

Article publié le : Samedi 23 janvier 2010. Rédigé par : Clémentine Buisset

On parle beaucoup de chantiers ici, vous ne trouvez pas? J’en rajoute une couche? Alors je commence avec l’artiste espagnole Lara Almarcegui.
Elle travaille sur les espaces de la ville qui sont laissés en suspens. Des terrains vagues,  dont on a, comme leur nom l’indique peut être, qu’une vague idée de ce qu’il vont devenir. On pourrait y construire des habitations, un centre d’art. Puis le temps passe, et il ne se passe rien. Avec Wastelands Map Amsterdam, guide to the empty sites of Amsterdam (1999), Lara Almarcergui dresse la cartographie des espaces non aménagés de la ville d’Amsterdam. Des espaces dont on ne fait rien. Des espaces vides, littéralement abandonnés, dont le temps semble être seul à les façonner. Petit à petit, ils se transforment en décharges sauvages. La végétation se fait plus dense. Elle fait l’inventaire d’espaces qui nous semblent comme oubliés. Ce faisant, elle braque sur eux un projecteur, nous forçant ainsi à les voir, à les (re)considérer. Tout son propos s’articule autour du contraste qui se forme entre la politique d’urbanisation, qui engendre quantité de constructions, et ces terrains vagues, qui apparaissent comme des «trous» au milieu de la toile urbaine.

Voilà ce que dit l’artiste sur son travail :

« Mon intention est d’interroger la planification urbaine à travers l’étude des lieux qui échappent à une définition ‘figée’ de la ville ou de l’architecture : parcelles vides, friches, bâtiments en attente de démolition ; des endroits qui échappent à un design défini et qui restent ouverts à toutes sortes de possibilités, ceci étant dû à un manque d’intérêt ou de mémoire. J’aime identifier les parcelles vides d’une ville et publier des guides pour les relier, montrant ainsi l’intérêt de chaque terre à l’abandon en les décrivant soigneusement comme des endroits différents du reste de la cité. D’autres projets consistaient à simplement ouvrir l’accès, habituellement fermé, d’un ‘espace vide’ pour que le public puisse le visiter, et changer par là même l’utilisation du terrain et sa perception. Dans mes derniers projets, je persuade les propriétaires de différents terrains de les garder vides et non construits. J’imagine que, dans quelques années, ces terres en friche, ‘protégées par le projet artistique’, seront le seul vide au milieu des constructions. J’aimerais préserver ces friches le plus longtemps possible.»

Chez Lara Almarcegui,  le terrain en friche est vu  comme une sorte de répit offert à la ville. Le terrain vague serait comme une pause, face à  l’effervescence urbaine.
Clémentine Buisset.

Géo-graphies. Mapping the imagination…

Article publié le : Lundi 18 janvier 2010. Rédigé par : Liliane


FLS
. Géo-graphies. Mapping the imagination in French and Francophone Litterature and Film. Volume XXX. 2003.

La Plaine en chantier

Article publié le : Dimanche 17 janvier 2010. Rédigé par : Clémentine Buisset

Lors de notre ballade du 02 décembre 2009, nous nous étions arrêté un petit moment près des voies ferrées. Nous y avions vu, entre autre,  un bâtiment tout en verre, en pleine construction. Le  Journal de Saint Denis nous donne de ses nouvelles. La construction est achevée, et le bâtiment accueille maintenant 337 élèves. Depuis le 5 janvier 2010, La Plaine compte un groupe scolaire de plus : l’école Aimé Césaire La Lison, dont l’article donne une description plutôt complète…
Clémentine Buisset

« Le spectacle du quotidien » (titre de la Biennale de Lyon)

Article publié le : Samedi 16 janvier 2010. Rédigé par : Elsa Durieux

-Souvenirs de notre première balade dans le Landy-

Sortis de l’atelier de Thomas Hirschhorn, nous nous sommes aventurés sous une passerelle d’immeuble. On regardait (un peu stupéfaits) ce paysage miséreux, ce village dans la ville en pleine mutation. Silencieusement, on a aussi observé cet homme qui sortait de chez lui, de sa « maison de fortune », pour promener son chien. C’est alors qu’Alien a dit : « Ici, une route va traverser sa maison. On va bientôt lui demander de prendre les quelques affaires qu’il a, pour raser son habitation et pouvoir y construire une route prévue dans le projet du Grand Paris.»

Dans les œuvres intitulées Cold Morning et One Day, découvertes à la Biennale de Lyon, le spectateur est directement confronté à ses propres comportements. Les artistes cherchent à nous faire prendre conscience du regard parfois compatissant mais souvent indifférent que nous portons sur ce genre de situation, sur ces vies en « chantier »…
La première œuvre est une vidéo réalisée par l’artiste Canadien Mark Lewis. Intitulée Cold Morning, cette caméra est posée dans la rue, comme si on avait oublié de l’éteindre. Un homme manifestement sans-abri plie une couverture, range quelques affaires, hésite à prendre un sac de nourriture offert par une passante. Deux pigeons se réchauffent sur une bouche de métro tandis que dans l’air glacial qui semble entourer le personnage, hommes, femmes, automobiles passent avec indifférence. Fin. Le film recommence…
Avec cette scène anonyme et malheureusement tellement quotidienne qu’elle en est devenue invisible, l’artiste construit dans Cold Morning , en un seul plan très court, une narration aussi puissante que banalisée : que fait l’homme dans cette rue, comment a-t-il échoué sous nos yeux, pourquoi refuse t-il l’aide proposée ? Mais en posant son œil-camera sur une scène (jouée ou trouvée peu importe…), l’artiste cherche surtout à interroger notre indifférence à l’égard du monde, de ce qui se passe sous nos yeux, qui devraient nous interpeller mais qui nous laisse pourtant insensibles…

Une autre œuvre, intitulée One Day, également exposée à la Biennale de Lyon cette année, propose une réflexion sur notre regard de citadins devenu aveugle. En automne 2006, l’artiste Lin Yilin se trouve en Chine, son pays d’origine, lorsqu’il croise une scène choquante, celle d’un jeune homme dont le poignet, menotté à la cheville, le contraint de marcher avec la plus grande difficulté. Il est suivi par un homme semblant être un policier en civil. La scène ne suscite aucune compassion de la part des passants alentour et rien n’obligeait le policier à imposer à cet homme (même en faute) une telle marque d’infamie. Saisissant à l’occasion d’explorer l’âme humain, Lin Yilin fait rejouer la scène à un acteur, cette fois sans présence policière. Une fois encore, personne ne lève la voix, ne demande qui est cet homme suivi par une camera, ou ne cherche à savoir pourquoi. Les intentions de l’artiste sont claires (et je terminerai sur ses mots explicites) : « J’espère seulement que le public songera à la situation de l’humanité. Ces absurdités se déroulent chaque jour sous nos yeux, et nous sommes tous à la fois acteurs et spectateurs de ces situations.»

Image extraite de One Day, 2006-2009.

Elsa.D

Le chantier en Asie

Article publié le : Samedi 16 janvier 2010. Rédigé par : Cindy Theodore

Lors de notre rencontre avec Juliette Singer j’ai été amenée à réfléchir sur la question du chantier tout simplement et dans sa notion artistique. Tout d’abord, tout autour de nous on détruit et l’on reconstruit. Nous avons l’exemple du Landy mais il y en partout. La reconstruction pose la question: qu’est-ce que ça va donner? Pourquoi détruire pour construire quelque chose de laid? En Chine, en juin 2008 à Beijing, j’ai pu voir des routes entières en train d’être refaites pour accueillir tous les touristes lors de jeux olympiques, pour bien se faire voir. En août 2009, il se passa la même chose à Shanghai et cela est d’autant plus important que toutes les façades des immeubles de la ville doivent avoir été repeintes avant l’ouverture de l’exposition universelle. De plus, le Bund est en train d’être refait comme de nombreux lieux touristiques (le temple Jing’An….). La ville est un chantier à ciel ouvert, jour et nuit.

rue de Shanghai                            Jing ‘An temple                                    rue de Shanghai

© Théodore Cindy, août 2009

A Bruxelles, dans The State of Things, une vidéo-performance de Lin Yilin (1) le montrait en train de construire un mur et de le déplacer dans la rue. The Safely manoeuvring across lin he road, 1995, performance 90 minutes

«Il effectue une mesure tant physique que littéraire et poétique de la notion de distance et de proximité en déplaçant un mur de brique carré, ce qui a pour effet de modifier le paysage autour de lui. En enlevant ce mur de briques, le trafic intense se trouve interrompu et se crée un moment de vie dans le flot turbulent de la vie de la cité .[…] Il met en question les changements rapides touchant les villes chinoises.» (2)

On peut aussi parler d’une autre de ses œuvres: Standard series of ideal residence, 1991, installation, brick, iron, wood. Cette installation représente des murs de briques.

Voici la page web de son site: il s’est inséré dans un mur de briques

A la 10e Biennale de Lyon, l’œuvre de Shilpa Gupta (3), Sans Titre, 2009, est un portail qui en s’ouvrant régulièrement tape contre un mur qui finit par se briser doucement. Il tape donc sur le mur contre lequel il accroché. Il y a une sorte d’autodestruction. Les chocs sont violents.
http://www.dailymotion.com/videoxb6ybu

On peut parler aussi des vidéos Under Construction et ShanghaiExpress de Liu Zhenchen (4).


Liu Zhenchen, ShanghaiExpress, 2005


Liu Zhenchen, Under Construction, 2007

Les frères Gao (5) ont eux aussi travailler sur la construction/déconstruction


GAO BROTHERS, THE UTOPIA OF CONSTRUCTION


GAO BROTHERS, The Forever Unfinished Building No. 4, 2008.

L’exposition Urban in process à lieu à la Galerie ARTENACT (8, rue Duchefdelaville Paris 13ème Métro Chevaleret) : He Junyan y expose des toiles reprenant comme thème l’urbanisme.

Cindy Théodore

(1) Site de Lin Yilin: http://www.linyilin.com/
(2) Extrait pages 17-18 du guide du visiteur de l’exposition The State of Things (Bruxelles)
(3) http://www.dailymotion.com/video/xb6ybu_une-minute-avec-shilpa-gupta_creation
(4) Site de Liu Zhenchen : http://zhenchen.free.fr/
(5) Site des frères Gao:  http://www.gaobrothers.net/

Séminaires Université Nomade, Collège International de Philosophie.

Article publié le : Samedi 9 janvier 2010. Rédigé par : Liliane

Enregistrements des séances de séminaires dans la rubrique: Vidéos – Interviews – Sons
Séminaires :
Qu’est-ce que penser à gauche, aujourd’hui ?
Devenir-banlieue subjectivité politique et réseaux métropolitains
Multitude et Métropole
Transformations du travail et crise de l’économie politique

Les textes d’Anne Querrien. 2005

«Une pièce en plus» dans notre guide.

Article publié le : Mercredi 6 janvier 2010. Rédigé par : Elsa Durieux

Qui n’a jamais rêvé de voir,
ENFIN,
EN VRAI, EN CHAIR ET EN OS
la célèbre entreprise « Une pièce en plus » qui vante ses mérites dans le métro ?!
Heureusement que notre équipe, à l’affût de toute nouvelle tendance, est là pour vous la faire découvrir ! Depuis quelques années, « Une pièce en plus » est devenue l’entreprise la plus « IN», la plus « HYPE », la plus « THE PLACE TO BE » ! Se prendre en photo devant le tour Eiffel ? Pfff trop 2009, trop 2008, trop 2007 et vraiment trop 2006… Maintenant c’est devant cette devanture bleue (un savant mélange entre le bleu ciel et le bleu Klein) et cette enseigne jaune poussin qu’il faut être, sachez-le, c’est important pour votre renommée ! Mais où se trouve cette petite merveille me demanderez-vous ? Mais tout près de chez vous les amis ! Baladez-vous autour du 203, avenue du Président Wilson (ou au 166 rue du Landy) de la ville tellement « GLAM’» de Saint-Denis et vous ne devriez pas la manquer…
Grâce à notre guide, maintenant vous pourrez frimer devant les copains, en avouant que « Oui, c’est vrai, vous avez déjà vu et même posé devant la célèbrissime ‘une pièce en plus’ ». Là tout le monde vous applaudira…c’est sûr !

Elsa. D

(les photos sont à venir…)

Douglas Hueber. Le monde est rempli d’objets…

Article publié le : Lundi 4 janvier 2010. Rédigé par : Liliane

« ‘Le monde est rempli d’objets, plus ou moins intéressants ; je ne désire pas en ajouter.’ Cette phrase, écrite en 1969 par Douglas Huebler, est emblématique du discours sur la dématérialisation de l’art de la fin des années 1960. On oublie toutefois souvent de citer son corollaire : ‘Je préfère simplement constater l’existence des choses en termes de temps et/ou de lieux. Plus spécifiquement, je m’intéresse à des choses dont l’interrelation se situe au-delà de la perception immédiate. En ce sens, mon travail dépend d’un système de documentation. Cette documentation peut prendre la forme de photographies, de cartes, de dessins ou de descriptions’.
En 1968, D. Huebler abandonne peinture et sculpture et organise son travail selon trois axiomes : le temps (‘Duration Piece’), le lieu (‘Location Piece’) et les deux à la fois (‘Variable Piece’). Ses œuvres sont alors constituées de cartes, de diagrammes, de notations et de collages photographiques, accompagnés par des textes empreints d’un ton scientifique sans toutefois être dénués de poésie et d’humour.»
Extraits de la fiche de l’artiste sur le site du Mamco.
Douglas Huebler fera l’objet d’une étude au 2e semestre. (à suivre)

2010. Une Green Attitude dans le Grand Paris.

Article publié le : Samedi 2 janvier 2010. Rédigé par : Liliane

1.
Le Grand Paris de Jean Nouvel : «un accès aux mêmes bonheurs urbains»
… et le plaisir de la rencontre de ses 12 millions d’habitants avec la nature… (dit en 1 minute 42 secondes!).

2.
Intervention de Paul Chemetov, à Paris 8, 8 décembre 2009, séminaire «Les banlieues, cœurs des métropoles contemporaines». Pour une reforestation de la métropole parisienne… Enregistrement dans l’amphi, à l’iphone.


+ Paul Chemetov : « Les mirages annoncés du Grand Paris se sont dissipés »
+ http://www.mon-grandparis.fr/francois-de-mazieres-paul-chemetov

«Si le temps historique de la transformation des villes est long, le temps des humains, celui des passagers harassés  de la ligne 13 [...] se compte en semaines, en mois, en années. A leurs maux, il faut remédier dans l’urgence.»

Raymond Bellour. Les Hommes, le dimanche.

Article publié le : Vendredi 1 janvier 2010. Rédigé par : Liliane

Raymond Bellour. Les Hommes, le dimanche. Menschen am Sonntag de Robert Siodmak et Edgar G. Ulmer. Yellow Now. Côté films#15. 2009. >Lien.

pages 22 et 23.
«L’imagination formelle attachée aux exigences anthropologiques, socioculturelles et stylistiques de la Nouvelle Objectivité» est caractéristique de «ces ‘films de ville’ que les Allemands appellent Querschnittfilm (film à coupe ou diagonal), qui a si fortement marqué la fin des années 20, à partir du coup d’envoi d’Alberto Cavalcanti avec Rien que les heures (1926), célébrant 24 heures de la vie de Paris comme son équivalent soviétique… » suite sur les pages 22 et 23 scannées ci-dessus….
(aujourd’hui >streetfilm; understanding the urban landscape). Voire même ce scénario développé dans la rubrique «24 heures, le meilleur de la ville en une journée» des guides Wallpaper.
«Qu’est-ce qui se passe? Rien ne se passe.»