-- La figure dans le paysage (Paris 8) » «I went»

Parcourir le Landy

Article publié le : Mercredi 10 mars 2010. Rédigé par : Thanina Hamidouche

Visiter un lieu inconnu, parcourir un itinéraire inexploré tout en laissant sur ce lieu une trace de mon passage : tels sont les objectifs de ce dispositif. Autrement dit, le lieu choisi va devenir non seulement lieu de découverte, lieu d’activité plastique mais également lieu d’interaction avec le spectateur.
Le pari est lancé ! Ayant préalablement réalisé un pochoir de mon empreinte de chaussure, je me suis promenée ainsi dans Saint Denis en traçant mon parcours au sol en bombant la surface du pochoir. Je commence alors petit à petit à former mon parcours. Chaque trottoir, chaque rue empruntée n’échappe pas à ma bombe de peinture. C’est alors qu’une longue période de marquage s’entame. Plus j’avançais et plus mon parcours était suivi, observé et par conséquent plusieurs habitants m’interrogeaient. Les forces de l’ordre sont également venu se mêler à la fête en me demandant gentiement de déserter le périmètre. J’ai donc tenté tant bien que mal d’envahir des endroits qui m’étaient inconnus, de faire découvrir peut être un nouvel espace aux personnes qui parcourent quotidiennement ces rues et de présenter un dispositif qui amène une démarche artistique dans un lieu de passage, un lieu qui touche à la quotidienneté.

Par rapport à notre guide, l’idée est d’illustrer la visite, la marche, le parcours par des photographies de lieux décrits sur lesquels ont remarquerait ces traces, ces marques qui ont été le parcours d’un grand nombre de personnes et qui seront le parcours de ceux qui suivront notre guide. Cela nous mènerait alors à une action culturelle très intéressante.
Thanina Hamidouche

Des hommes et des dieux

Article publié le : Vendredi 12 février 2010. Rédigé par : Mylene

Une projection d’un documentaire intitulé Des hommes et des dieux(2002),  réalisé par Anne Lescot et Sophie Magloire a été projeté le 6 février 2010 au musée Dapper, suivi d’un débat en présence d’Anne Lescot. Ce film dépeint le quotidien d’un groupe d’amis, des masisis (travestis) en Haïti, et il dévoile  en parallèle leurs rapports au vodou. Encore plus que dans nos sociétés occidentales, il n’est pas facile d’être Masisis en Haïti. Honte à ceux qui voudraient s’adonner à ce genre de pratiques.
Or, à travers ce film, on découvre que, paradoxalement, un univers parallèle coexiste. Dans les rituels vodou, les masisis peuvent être eux-mêmes, se montrer, s’habiller avec des tenues féminines ou bien se maquiller. L’ acceptation d’un membre ne se fait pas en fonction de ses affinités sexuelles ou de son sexe, et dans ce rite il n’y a pas de jugement dernier. L’homme est jugé en fonction de ce qu’il fait pour la société (sorte de graduation, le plus important des statuts étant le hougan ou la mambo, prêtes ou prêtresses). Alors que certains se disent masisis par la réclamation ou la punition d’un Loa (esprit), d’autres pensent que c’est impossible car l’adepte vodou ne peut être continuellement sous l’emprise d’un esprit. On peut supposer que le fait de se dire réclamer par un esprit est une justification face au refus de la société.
Je pense, que ce film est très intéressant car il démontre que le vodou haïtien est l’une des rares religions à accepter l’homosexualité. Anne Lescot et Sophie Magloire n’ayant pas eu de grands moyens au départ nous emmènent d’une façon remarquable dans un univers particulier et complexe, tout comme l’est le vodou haïtien par ses paradoxes.
Enfin, durant le débat, on a pu apprendre que ce film a soulevé quelques polémiques à sa sortie en Haïti, car pour certains, celui-ci montrait une image impure et néfaste du vodou.  Puis, au fil des interventions du public,  j’ai remarqué qu’encore beaucoup de gens avaient tendance à vouloir assimiler  le vodou haïtien à celui du Bénin. Il faut savoir que bien que le vodou haïtien provient de celui du Bénin, il n’a plus grand chose à voir avec celui-ci. L’une des particularité du vodou est justement sa capacité à adapter d’autres coutumes et rites à l’intérieur même de celui-ci, c’est ce qui c’est passé durant la colonisation pour les esclaves de l’ île. Il existe des multiples variations de vodou en Amérique latine et en Afrique, le point de similitude est leur structure de base ( construction de l’ espace: le péristyle et l’autel par exemple), or elles ont toutes évoluées un peu différemment. Je pourrais vous en parler en détail, d’autres articles sur le vodou haïtien sont à venir.

http://www.dailymotion.com/videox31ido

Des hommes et des dieux, Anne Lescot et Sophie Magloire, Haïti,2002, 52 min.

Il s’agit d’expliquer un phénomène. A Saint-Denis.

Article publié le : Dimanche 7 février 2010. Rédigé par : Jiacai Liu

C’est l’adresse de ma vidéo sur YOUTUBE. Je l’ai faite à la Plaine  Saint-Denis.
http://www.youtube.com/watch?v=WIEg71tZ8Do



Photogrammes de  la vidéo

Dans cette courte vidéo, rouge et vert sont les couleurs de notre quotidien. Elles sont connues par tous.
Rouge représente l’interdit, vert représente la liberté, en particulier dans les transport en commun.
Il s’agit d’expliquer un phénomène:
Chacun d’entre nous en est bien conscient, parfois pourtant cela ne nous empêche pas toujours de commettre des erreurs.

Paysage et Identité

Article publié le : Samedi 6 février 2010. Rédigé par : Junko Shiraishi

D’après une conférence portant sur le thème «Paysage et Identité» présentée par Shiina Ryosukè à Rueil-Malmaison.

C’était pendant la grève de la ligne du RER A et Paris semblait paralysée. Je tenais absolument à me rendre à cette conférence et comme tout les jours de grève la vie devient un véritable parcours du combattant. Je n’étais jamais allée à Reuil-Malmaison, et c’est dans la cohue d’un bus bondé que je pus apercevoir la ville à travers la vitre embuée de chaleur humaine et de tension mal contenue. Malgré tout, cette expédition entreprise depuis la gare routière des sous-sols de la Défense, m’offrit le spectacle d’un paysage urbain en métamorphosant lentement ponctué par de nombreux arrêt où se pressaient et s’agitaient des voyageurs essoufflés et irrémédiablement en retard. La nouveauté de ce paysage urbain exacerba en moi le sentiments de particularité quant à l’architecture et l’ambiance générale de la ville par rapport à Paris. J’étais alors dans de bonne disposition pour assister à cette conférence. Le séminaire «Paysage et Identit » avait lieu le mercredi 16 décembre 2009 à École supérieure d’art à Rueil-Malmaison et M. Ryosuke Shiina, qui est le professeur à l’université du Japon, a y été invité.

Il s’agit de «Paysage découvert». En effet, le paysage n’est pas comme une statue dans la nature. C’est-à-dire, il n’a pas de forme propre, ni ne fonctionne comme un symbole de la Nature. Le paysage, qui est quelque chose qui doit être découvert en tant qu’une nouvelle reconnaissance. Découvrir le paysage signifie découvrir un nouveau langage, produire des néologismes, ou bien avoir la nouvelle reconnaissance dans la figure du paysage, ou bien peut être découper l’image encadrée comme une photographie. C’est-à-dire, le paysage est anonyme, mais en découpant ou bien en encadrant les paysages, on leur donne une nouvelle reconnaissance, c’est-à-dire, on les nomme. Le paysage nommé, c’est-à-dire, le paysage néologique qui est le langage représenté le paysage. C’est vraiment comme prendre les photos, en prenant les photos, on découpe le paysage, ça aussi comme une sorte de nomination. C’est-à-dire, avoir la reconnaissance. Kunio Yanagida a dit que «le paysage est une représentation visuelle de langage.» Dans ce sens-là, cette idée de «Paysage découvert = découverte de langage» est compréhensible. Mais il ne s’agit pas de la forme, c’est la figure, puisque Shiina a insisté sur le fait que l’on considère le paysage comme «espace quantitatif» dans le sens de la construction épistémologique. Puisqu’on le découvre avec notre propre perception  qui correspond à la mémoire, à la sensibilité, à l’ensemble des représentations sensibles et des concepts s’y rapportant. Par exemple, lorsque le paysage correspond à notre identité, il ne s’agit pas d’avoir l’expérience du paysage objectivement. Comme l’alpiniste découvrant le paysage avec son corps et éprouvant physiquement son idée de la nature. Il s’agit d’interaction entre un être humain et l’espace qui l’entoure et qu’il appelle nature. Cette accumulation de sensations, de perceptions, fruit du lien sensible avec le monde extérieur, c’est aussi ça le paysage.

Des paysages japonais (Nihon fûkei-ron, 1894) Shigetaka Shiga

Comme une définition de paysage et synonyme de paysage japonais
En effet, il n’y a d’identité entre le paysage et la nature que par un acte de l’esprit rapportant au concept de nature une certaine perception visuelle de ce qui nous est présenté sous les yeux. Surtout, si une intention est à l’origine de cette perception visuelle. Dans ce cas, il y a une circularité entre perception et le jugement lié à cette perception. Plus simplement, je ne vois que ce que j’ai envie de voir tout en étant convaincue que mon jugement ne dépend pas de moi, ce qui lui donne un caractère objectif et à ce titre possédant le plus haut degré de vérité.
Ce qui nous amène à penser que le paysage ne se rapporte pas directement à la nature, seulement par la médiation du concept (ce que nous appellerons le schématisme). Il fonctionne alors seulement comme une sorte de symbole de la nature (nature en tant que concept ou ensemble des discours ayant pour objet le monde des phénomènes extérieurs indépendantsde notre volonté). Ce qui nous amène à penser que la question du paysage est essentiellement une question de langage et d’intention. Découvrir un nouveau  paysage, c’est découvrir un nouveau logos, produire des néologismes de nouveaux discours, et donc un nouvel objet de pensée. Lorsque nous promenons notre regard sur une étendue ou un espace qui s’offre à nous, nous regardons les choses d’une certaine manière. Nous scrutons, inspectons, arpentons de l’œil cette étendue par le mouvement de nos yeux. C’est par ce mouvement que nous nous laissons par abus de langage qu’il y a un ordre extérieur que l’œil de chair nous rapporte et que l’œil de l’esprit perçoit. Nous procédons à un découpage de l’image que nous envoie cette étendue. Et le cadrage constitue un avatar de cette façon que nous avons de regarder, de percevoir et d’interpréter une donnée de sens. La peinture présente ce caractère mais bien plus la photographie qui dans l’instant capte la façon dont nous voulons percevoir le monde environnant. Cadrer, capter sous des conditions déterminées le monde environnant (tel que le permet la photographie) c’est produire un jugement, c’est raisonner et inscrire le paysage dans le langage. Kunio Yanagida a dit que «Le paysage est une représentation visuelle du langage».

Junko Shiraishi

MONUMENTA 2010

Article publié le : Jeudi 4 février 2010. Rédigé par : Mylene

Actuellement, se tient dans la nef du Grand Palais, l’exposition Personnes de Christian Boltanski à l’occasion de la Monumenta 2010. Christian Boltanski investit l’immensité du lieu et  propose une mise en scène spectaculaire orchestrée par ses Archives du cœur. Son œuvre occupe principalement le sol de l’espace, elle met en avant l’immensité horizontale du lieu. L’ambiance y est sombre et hivernale.

Propos de l’artiste

«Un des grands malheurs de notre société occidentale est qu’elle est fâchée avec l’idée de mourrir. La mort est devenue une chose honteuse. Pourtant, en parler me semble nécessaire et j’essaie de le faire à travers de petites paraboles.»

Le thème principal de l’exposition est la mort. Le spectateur se trouve confronté à une multitude de vêtements, interpellant sur l’absence du sujet au profit de l’objet. Cette multitude de vêtements symbolise pour chacun d’eux un corps disparu, ils forment ainsi un «paysage de souvenirs» mais aussi un cimetière à ciel ouvert.  L’humanité, l’absence, le temps, la mémoire, sont les maîtres-mots de celle-ci. Le titre de l’exposition Personnes, renvoie à l’idée de multitude, mais dans un même temps, ce que l’on entend c’est personne sans «s», c’est-à-dire l’homme sans nom. Chacun des visiteurs peut faire sa propre interprétation, selon son émotivité, ses propres angoisses face à la mort et les questions qui en découlent.
Je préfère ne pas décrire en détail l’exposition, afin de vous la laisser découvrir. Ce qui est remarquable c’est à la fois la qualité esthétique et visuelle de l’œuvre en elle-même, la mise en scène, et la place qu’a  le spectateur. Celui-ci ne se trouve plus devant l’œuvre mais dans l’œuvre, il n’y a aucune distance entre le visiteur et l’objet auquel il est confronté. En tant qu’étudiants d’arts plastiques et dans le cadre du cours,  je pense que cette exposition est intéressante car elle emploie différents procédés de conservation tels que ses archives des battements de cœurs, ou ses collectes de vêtements.  

«Christian Boltanski est l’un des artistes qui a mené le plus loin des réflexions existentielles en parvenant chaque fois à ouvrir des nouvelles portes. Ses œuvres se situent dans la lignée des grandes interrogations sur le mal, depuis Dante jusqu’à Lautréamont, Artaud, Genet. Il est ce qu’on appelle un artiste philosophe, pratiquant un art qui pose des questions sans chercher à y apporter des réponses; un art qui n’a peur de passer par le registre de l’émotion, donc un art qui prend des risques —celui d’être mal compris, d’être qualifié de trop littéral, trop pathétique. Christian Boltanski est certes un artiste pessimiste, mais il croit beaucoup à la transmission. Il y a dans son travail un élément de régénérescence par la mémoire, par la transmission orale. Il n’y a pas de nostalgie chez lui, mais une très grande disponibilité pour le présent et pour le futur qui reste à vivre.» (Catherine Garnier, Commissaire de l’exposition).

Vue de l’exposition de Renée Green à Lausanne, 16 Dec 2009

Article publié le : Vendredi 22 janvier 2010. Rédigé par : Hui Li


La gare de Lausanne © Hui LI


Renée Green, Seen, 1990. Installation, 207 x 207 x 136 cm..Collection Emi Fontana, Milan © Hui LI


Renée Green © Hui LI


Renée Green. Wavelinks, 2002-2004. Installation, dimensions variables (détail). Collection Th Baltimore Museum of Art,  Frederick R. Weisman Contemporary Art Fund © Hui LI


Renée Green. Commemorative Toile, 1993. Installation: Chaises et table avec lamp intégrée recouvertes de tissu conçu par l’artiste, dimensions variables (détail). Lausanne, Musée cantonal des Beaux-Arts © Hui LI


Renée Green. Certain Miscellanies, 1995. Installation  de photographies © Hui LI


Renée Green © Hui LI


Renée Green. Secret, 1993-2006? Installation, dimensions variables (détail). Courtoisie l’artiste, Free Agent Media et Galerie
Martine Aboucaya, Paris © Hui LI


Renée Green © Hui LI


Renée Green. Endless Dreams and Water Between, 2009. Installation, dimensions variables (détail). Courtoisie l’artiste, Free Agent Media et le National Maritime Museum, Greenwich © Hui LI

« Le spectacle du quotidien » (titre de la Biennale de Lyon)

Article publié le : Samedi 16 janvier 2010. Rédigé par : Elsa Durieux

-Souvenirs de notre première balade dans le Landy-

Sortis de l’atelier de Thomas Hirschhorn, nous nous sommes aventurés sous une passerelle d’immeuble. On regardait (un peu stupéfaits) ce paysage miséreux, ce village dans la ville en pleine mutation. Silencieusement, on a aussi observé cet homme qui sortait de chez lui, de sa « maison de fortune », pour promener son chien. C’est alors qu’Alien a dit : « Ici, une route va traverser sa maison. On va bientôt lui demander de prendre les quelques affaires qu’il a, pour raser son habitation et pouvoir y construire une route prévue dans le projet du Grand Paris.»

Dans les œuvres intitulées Cold Morning et One Day, découvertes à la Biennale de Lyon, le spectateur est directement confronté à ses propres comportements. Les artistes cherchent à nous faire prendre conscience du regard parfois compatissant mais souvent indifférent que nous portons sur ce genre de situation, sur ces vies en « chantier »…
La première œuvre est une vidéo réalisée par l’artiste Canadien Mark Lewis. Intitulée Cold Morning, cette caméra est posée dans la rue, comme si on avait oublié de l’éteindre. Un homme manifestement sans-abri plie une couverture, range quelques affaires, hésite à prendre un sac de nourriture offert par une passante. Deux pigeons se réchauffent sur une bouche de métro tandis que dans l’air glacial qui semble entourer le personnage, hommes, femmes, automobiles passent avec indifférence. Fin. Le film recommence…
Avec cette scène anonyme et malheureusement tellement quotidienne qu’elle en est devenue invisible, l’artiste construit dans Cold Morning , en un seul plan très court, une narration aussi puissante que banalisée : que fait l’homme dans cette rue, comment a-t-il échoué sous nos yeux, pourquoi refuse t-il l’aide proposée ? Mais en posant son œil-camera sur une scène (jouée ou trouvée peu importe…), l’artiste cherche surtout à interroger notre indifférence à l’égard du monde, de ce qui se passe sous nos yeux, qui devraient nous interpeller mais qui nous laisse pourtant insensibles…

Une autre œuvre, intitulée One Day, également exposée à la Biennale de Lyon cette année, propose une réflexion sur notre regard de citadins devenu aveugle. En automne 2006, l’artiste Lin Yilin se trouve en Chine, son pays d’origine, lorsqu’il croise une scène choquante, celle d’un jeune homme dont le poignet, menotté à la cheville, le contraint de marcher avec la plus grande difficulté. Il est suivi par un homme semblant être un policier en civil. La scène ne suscite aucune compassion de la part des passants alentour et rien n’obligeait le policier à imposer à cet homme (même en faute) une telle marque d’infamie. Saisissant à l’occasion d’explorer l’âme humain, Lin Yilin fait rejouer la scène à un acteur, cette fois sans présence policière. Une fois encore, personne ne lève la voix, ne demande qui est cet homme suivi par une camera, ou ne cherche à savoir pourquoi. Les intentions de l’artiste sont claires (et je terminerai sur ses mots explicites) : « J’espère seulement que le public songera à la situation de l’humanité. Ces absurdités se déroulent chaque jour sous nos yeux, et nous sommes tous à la fois acteurs et spectateurs de ces situations.»

Image extraite de One Day, 2006-2009.

Elsa.D

AUC’s critical Grand Pari(s) : constellation and grid

Article publié le : Mardi 12 janvier 2010. Rédigé par : Nicolas Vargelis

author: Pierre de Brun<

lien : http://www.mon-grandparis.fr/lauc#video

To his own account, Jamel Klouche’s A.U.C. runs the youngest and least experienced of the firms involved in the highly publicized commission ‘Grand Pari(s)‘, launched by Nicolas Sarkozy’s government in 2008. The title ‘Grand Pari(s)’ translates, in the form of a pun, either ‘Great Paris’ or ‘daring bet’, raising both territorial and economic questions. A renewed focus on landscape, environmental sustainability, leveling of the periphery / center relationship, coins with economic interests (tourism, city branding) that today seem to dominate political decisions. The project is enthusiastically received by architecture professionals as an opportunity to engage in political decisions that otherwise tend to escape their disciplinary framework. But away from the nostalgia of french ‘grand’ state projects, in a right-wing government more concerned with ‘buzzes’ and keen to dissolve the welfare state into the private domain than with long-term socio-political projects, one may see the whole parisian discussion as a mere communication operation.

Overwhelmed with informations and images, we were struck, in our —rather superficial— tour of the exhibition organized in Cité de l’Architecture, by the resistance of Jamel Klouche’s proposal — resistance to the appeal of images, resistance to economic or environmental ‘problems’ as ‘problems’, and, if we may say, resistance to the consultation itself.

Situations métropolitaines : espace multicouche

Situations métropolitaines : espace multicouche

In contrast with the glittering colorful collages and renderings made by other teams, the muteness of AUC’s images is striking. It sometimes recalls the diagrammatic minimalism of SANAA’s model pictures, minus kawaï or pop elements. In AUC’s black and white model pictures, everything — even nature— is neutralized and abstracted through the use of white plastic. This silent metropolis, only inhabited by uniform standard people figures, seems to make no room either to the noise of spectacular architectural gestures promoted by the young ‘French Touch‘ and its forefathers, or to the magmatic diversity advertised by economic liberalism where, in the absence of any visible rule, particularities and exceptions coincide with all-encompassing inclusion.

A constellation, in AUC's Grand Paris proposal.

A constellation, in AUC’s Grand Paris proposal

Constellation

Rather than addressing the consultation by an all-encompassing unitary ‘urban’ grand project, AUC picked up 18 sites, illustrating specific and unique ‘metropolitan’ situations, for which it developed specific projects. We are faced with a “constellation” of architectural projects, each one conceived as a unique and exclusive reaction to and identified situation. Almost ad-absurdo, each project is given a very specific exclusive form, whose detail ranges from urban scale to furniture design. Rather than exclusively relying on urban processes and economics, AUC retreats in concrete and limited architectural proposals. Rather than proposing a borderless, blurred ‘concept’, AUC proposes a fixed pattern of singular—sometimes contradictory— architectural interventions.

Realizing the word ‘constellation’ may be fair to describe AUC’s proposal, I couldn’t help but thinking of Adorno’s concept of language. For him, the truth content of language doesn’t lie in its ability to identify the Real through concepts —truth is incommensurable—, but in the very leaks and breaks of the ‘constellation’ of concepts it constitutes. Truth never exactly coincides with the raw ‘information’ provided by a sentence, but in the latest’s witnessed inability to deal with the real as a totality.

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Grid, AUC’s Grand Paris.

Grid

The largest part of the content of the study is organized on a strict cartesian grid : titles, descriptions, illustrations or quotes are all integrated into this one single framework. Blocks of contents are indifferently arranged in tables, timelines, horizontally, vertically, in groups or as singular entities.

The grid, in architecture, has a very rich history. Further, it signals the birth of modern economics-oriented urbanism, with Cerdà in Barcelona. For Koolhaas in NYC, it almost becomes, along with the elevator, the paradigm of a metropolitan architecture, setting the necessary framework for the difference to arise. When the rational grid hits Paris, it is totally autonomous and rid from any meaning : with Tschumi in his Parc de La Villette, it opposes its urban context in a dialectical relationship.

Of course, in Klouche’s proposal, the grid is not directly architectural. One could say it merely corresponds to the least effort in achieving a slick seductive layout, making up a paradoxical and heterogeneous mess into a coherent and homogeneous whole. As a pattern, it would optically level all information, even affording the risk to make it ungraspable.

Juxtaposing specific texts diagrams or illustrations on this unique framework, the analysis takes the appearance of a whole, without actually synthesizing its content into a unitary project.

Statement

The paradoxes and contradictions that the project binds, without synthesis, in its very form, through constellations, grids, and empty imagery, resist direct communication, illustration or application. Taking the form of concrete interventions, the project opens the debate; resisting closure, it displaces the question of the “Grand Paris”.

‘Grand projects’ in France seem to dissolve in dematerialization or fragmentation. All-encompassing, top-down, hierarchical organizational take the mask of diversity, transparency (see Anthony Vidler’s Architectural Uncanny) and fragmentation : they are formless, liquid, dissolved panopticons.

AUC’s project, on the contrary, shows us how formal, solid, finite, unitary architectures, and empty grids can create a space for non-linear, open organizational systems. It’s almost a political paradigm : it’s only through a set of blind universal rules that the unexpected can arise.

Article re-published from Pierre de Brun’s website: http://pierredebrun.com/

Nicolas Vargelis

MetroBasel Comic. Une ville de bande dessinée.

Article publié le : Samedi 5 décembre 2009. Rédigé par : Liliane

MetroBasel Comic, la bande dessinée conçue par Jacques Herzog, Pierre de Meuron et Manuel Herz, propose une synthèse des études sur la métropole bâloise réalisées par ETH Studio Basel, antenne bâloise de l’EPFZ et éditrice de l’ouvrage. Cette bd a servi de fil rouge à la table ronde d’architecture du Centre culturel suisse de Paris. http://www.ccsparis.com/fr/events/detail/146.
Un compte-rendu sur cette bande dessinée a été publié dans L’Hebdo du 25 novembre 2011.
Télécharger l’article en pdf

Autour de Jean Rouch: Folie ordinaire d’une fille de Cham (1987)

Article publié le : Mardi 24 novembre 2009. Rédigé par : Mylene

Du 14 au 20 novembre 2009, a eu lieu le colloque « Le projet Jean Rouch », organisé par le Comité du film ethnographique, en collaboration avec la Bibliothèque Nationale de France, le Centre National du Cinéma, les Archives françaises du film et le Centre National de la Recherche Scientifique. De nombreuses projections eurent lieu à la Bibliothèque Nationale de France, au CNRS et à la Bibliothèque Publique d’Information.

Lors de la clôture du colloque, fut projetée la Folie ordinaire d’une fille de Cham de Jean Rouch et Philippe Costantini, au cinéma du Centre Georges Pompidou. Ce premier et unique film de fiction de Rouch, d’après la pièce de théâtre de l’écrivain antillais Julius Amédée Laou, était projeté suite à une restauration. Cet essai est un dialogue délirant entre une vieille femme antillaise internée depuis cinquante ans (depuis 1929) à l’hopital Saint-Anne et une jeune fille aide-soignante originaire de Martinique, récemment venue en France.

La malédiction de Cham

Cham est le deuxième fils de Noé, maudit après avoir vu la nudité de celui-ci. Les descendants de Cham furent condamnés à servir Shem et Yafet les deux autres fils de Noé. Il paraîtrait que Kouch, Le Fils de Cham est l’ancêtre des Noirs. A travers l’histoire de l’esclavagisme, Les fils et filles de Cham portaient le poid de cette malédiction.

Ce film surréaliste, essai d’un ciné-théâtre, une des multiples facettes de l’œuvre de Rouch, est bouleversant de part les textes, ainsi que cette réalité poignante des scènes entraînant le spectateur dans cette folie étrange basée sur une tragédie; Celle des peuples noirs et de la malédiction de Cham, justifiant certains faits durant la traite et l’esclavage.

Rouch utilise des méthodes proches du documentaire et du ciné-œil, en filmant les scènes en plan-séquence, et en temps réel. Madame Amélie (la souffrante), dans son délire  dévoile les traumatismes de l’esclavage, des peuples des antilles ayant connus l’humilation et la soumission.

Pour ceux qui s’intéressent à l’œuvre de Rouch et au documentaire, la quasi intégralité des films projetés durant ce colloque sont consultables jusqu’au 3 décembre, sur des postes audiovisuels a la Bibliothèque Nationale de France. D’autres débats et colloques seront probablement organisés par la suite.