| PRESS RELEASE | L'île déserte |


David RENAUD | ÎLES KERGUELEN, 2002 |, installation créée au CREDAC (Centre de Recherche d'Echanges et de Diffusion pour l'Art Contemporain ) 93 avenue Georges Gosnat 94200, Ivry-sur-Seine, métro Mairie d'Ivry, du mardi au dimanche de 14h à 19h >>>>>28 mars2002 >> 2 juin 2002

Ces informations sont reprises du site des Centres d'art d'Ile de France >> http://www.tram-art.org


David RENAUD, né en 1965 à Grenoble, vit et travaille à Paris enseigne à l’Ecole supérieure de l’image, Angoulême.

Expositions personnelles (sélection)
1999> Frac Languedoc-Roussillon, Montpellier
1998> David RENAUD, Grand Café et la Galerie des Franciscains, Saint-Nazaire
1997> David RENAUD, Le Spot, espace d’art contemporain, LeHavre De revolutionibus orbium caelestum, centre d’art contemporain, Espace Jules Verne, Brétigny-sur-Orge Boojum, Espace Champagne, Ecole supérieure d’art et de design, Reims,
1996> Géographies, Orangerie du parc du Thabor, arts & projets, Rennes

Expositions collectives (sélection)
2002> In/ex-hibition, galerie Les filles du Calvaire, Paris
2001> Paysages etc., Musée d’art et d’archéologie de Guéret (cat.)
2001> L’épreuve du lieu, Ecole supérieure des beaux-arts de Tours
2000> Be seeing you, Espace Jules Verne, centre d’art contemporain, Brétigny-sur-Orge
1999> Good Map !, Ecole des beaux-arts, Quimper (cat.)
1998> Art, l’école de Reims, Ancien collège des Jésuites, Reims
1997> Géographiques, Frac Corse, Corte (cat.)
1996> Chambre à louer, Villa du Parc, Annemasse
1996> Die Räuber des Strandguts, Künstlerhaus Bethanien, Berlin et Künstlerwerkstätten Lothringer Strasse, Munich, Allemagne (cat.)
Collection Frac Poitou -Charentes,
Galeria Miejska, Galeria Sztuki Wspolozesnej, Wroclaw, Pologne
De la nature, Le Parvis centre d’art contemporain, Pau
Cabines de bain, Piscine de la Motta, Fribourg, Suisse (cat.)
com Déu mana, Espai13, Fondation Miro, Barcelone, Espagne, (cat.)


ÎLES KERGUELEN, 2002
David RENAUD propose au Crédac une nouvelle exploration des îles Kerguelen. Partant du langage cartographique codifié et symbolique, David RENAUD interroge notre perception de l’espace et nos relectures possibles du monde... David RENAUD travaille depuis plusieurs années à partir de cartes géographiques et topographiques. Cherchant sans cesse de nouvelles cartes, David RENAUD les modifie et une nouvelle visibilité apparaît. D’habitude outil d’orientation et de lecture d’un territoire avec les indices toponymiques et topographiques, les cartes de David RENAUD perturbe l’usage originel. Que la carte mise en jeu soit recadrée ou utilisée dans sa totalité, il réaffirme un caractère primordial du territoire en question. Découverte du relief lorsque les courbes de niveau du pays sont les lignes directrices de l’oeuvre. En bois (Mornes de l’étang, île de la Réunion, 1996) ou en moquette (Les Trois pitons II, 2000), maquettes et sculptures jouent sur un rapport d’échelle où le visiteur appréhende avant tout le relief dans sa globalité, chose impossible dans la réalité. Quand il travaille directement sur la carte, David RENAUD accentue par recouvrement le caractère artificiel de la cartographie, code abstrait d’une représentation du réel. Procédant selon une méthode systématique, il découpe puis recolle la carte sur un caisson de bois ou sur le mur d’accrochage. Ainsi mise en place, la carte dont la légende a été retirée, est repeinte. S’il s’agit d’une carte de terre, ce sont les zones forestières qui seront l’objet d’une attention particulière. Laborieusement, méticuleusement, ces zones sont repeintes selon le code chromatique en vigueur ou d’une couleur autre renouant alors avec le motif inscrit. Démontrant la picturalité de la carte, elle est vidée des indices de localisation et seuls des fragments d’un autre paysage importent. Ils sont visibles mais inaccessibles physiquement, laissant simplement le mental s’y projeter. Quand il s’agit d’une carte décrivant une île, David RENAUD rétablit l’insularité comme le caractère principal du territoire. Au lieu de s’attacher à la terre, il préfère intégrer la mer comme pour mieux saisir l’isolement, la distance de cette terre au reste du monde. La carte n’est donc plus là pour simplement indiquer un territoire mais précisément pour nous faire percevoir le paysage en tant que tel. Ces peintures murales sont toujours travaillées avec une extrême précision d’échelle. Les notions d’espace et de proportions deviennent alors prépondérantes dans la découverte de l’oeuvre. C’est le décalage entre notre regard de spectateur à l’échelle 1 et la représentation d’un territoire en langage cartographique au1/25000e ou au 1/50000e qui provoque la reconstitution d’un paysage, d’une terre promise imaginaire.

Dans l’installation présentée au Crédac, ÎLES KERGUELEN, David RENAUD renforce à nouveau les décrochements d’échelle. Les îles Kerguelen sont prises comme prétexte à une interrogation et une réflexion sur l’appréhension de l’espace par le spectateur. Avec la même minutie, les îles sont préalablement découpées puis recollées sur un plancher créé pour l’occasion. La mer est représentée par celui-ci peint en bleu. La représentation cartographique de Kerguelen est alors totalement entourée de bleu comme les îles dans leur réalité. Ces îles sont visibles mais totalement inaccessibles car il est interdit de marcher sur ce bleu océan ... L’inaccessibilité engage une frustation de ne pas pouvoir accéder à une appréhension globale du site. Le déplacement in situ n’est pas possible, tout comme l’analyse de la carte trop lointaine...